Le suicide du coach
Publié le 2013-04-24Une élève à ma formation au coaching m'a demandé : « n'est-ce pas suicidaire pour un coach de proposer une formation au coaching ? N'est-ce pas le risque d'augmenter sa concurrence ? ». J'ai commencé par la rassurer : je n'ai aucune pulsion de mort.
La genèse
En réalité, comme cela m'arrive assez souvent dans la vie, cette formation au coaching est issue d'une opportunité. Je ne projetais pas d'en proposer. Dans mes coachings, j'aborde énormément de points de théorie avec mes clients, afin qu'ils comprennent bien les mécanismes en jeu, et surtout qu'ils deviennent autonomes par la suite. J'ai réalisé qu'en agissant de la sorte, les coachings étaient plus efficaces, donc plus courts. Un jour, une cliente m'a demandé si je pouvais la former au coaching. J'ai refusé, la renvoyant vers les nombreuses écoles de coaching qui existent. Elle est revenue vers moi après quelques semaines, me disant ne pas avoir le budget pour une telle formation, et que mon approche en coaching lui laissait supposer que je serai un bon enseignant. Apprends, cher lecteur, que tout flatteur vit aux dépends de celui qu'il flatte ! J'ai accepté et c'est devenu une offre supplémentaire à mon catalogue. Je ne le regrette pas : mettre cette formation en place m'a fait énormément progresser dans ma pratique du coaching.
Une dure réalité
Aujourd'hui, seul un élève coach sur quatre reste coach au delà de trois ans. Mes statistiques sont meilleures, mais ce n'est pas représentatif, j'ai moins de clients en formation qu'une école de coaching. Pourquoi ces chiffres ? Une des raisons, c'est que parmi les élèves en coaching, beaucoup ne souhaitent pas devenir coach. Ils veulent obtenir une compétence, qu'ils mettront en pratique dans leur travail (ressources humaines, psychothérapie, management) ou dans leur vie privée (relationnel parent-enfant, vie de couple, etc). Ensuite, il y a ceux qui souhaitent devenir coach. Beaucoup ne se lancent même pas, après tout ce qu'ils apprennent sur la difficulté à vivre de son activité de coach. Enfin il y a ceux qui se lancent et qui se découragent très vite car les clients ne viennent pas acheter leurs services. Comment cela se fait-il ? Il y a plusieurs raisons à cela, et l'une d'elles, c'est que les écoles de coaching enseignent le coaching. Ma formation vous apprend à devenir coach. C'est un petit peu différent. J'avais créé une entreprise avant de devenir coach. Je n'avais pas peur de entrepreneuriat, et j'avais des réflexes de chef d'entreprise : comment la faire connaître, comment la faire vivre. Ces connaissances-là je ne les ai pas apprises à l'école. Je vous les transmets dans la formation que je propose.
Ma conviction
J'ai la conviction que le marché du coaching en France est énorme. Les gens ont besoin de coachs de toute sorte. Notre vie s'est complexifiée, et on ne parvient pas à tout gérer, tout savoir. Pour moi, ce qui freine l'expansion du coaching, c'est le manque de coachs. Plus il y en aura, plus l'offre en coaching s'enrichira, et plus les Français réaliseront à quel point le coaching est utile voire indispensable. En formant des coachs qui vont survivre au-delà de leur troisième année d'exercice, je n'augmente pas ma concurrence. J'élargis l'offre globale du coaching. Ce qui est bon pour tous les coachs. Donc pour moi.
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