HEU-REUX ! et vous ?
Vos tics de langage parlent-ils de vous ?
Vos tics de langage parlent-ils de vous ?

En développement personnel, il y a des tenants de la théorie selon laquelle chaque mot que vous prononcez est le reflet de votre inconscient. Faut-il se surveiller à la loupe ?

Le diable se niche dans les détails

Ainsi, si on dit, à la fin d'un long trek « je suis mort de fatigue », ceux-là vont vous dévisager avec un air atterré, donnant l'impression d'assister soit à une tentative de suicide en public, soit à une veillée funèbre. Si vous parlez de ciment, ils sont à deux doigts de vous reprendre, énonçant d'un air inspiré « ciment = six ment : le mensonge est en toi ». Encore heureux que vous n'aviez pas encore eu le temps d'évoquer le diable dont vous aviez eu l'usage pour votre déménagement ! Blague à part, vous aurez compris que, comme souvent, je ne suis pas très friand de l'usage excessif de toute théorie qui soit. Oui, notre inconscient vous fait parfois faire des lapsus révélateurs, mais chaque mot prononcé n'est pas le détail de la cartographie de votre âme. Votre vocabulaire est surtout influencé par vos lectures, vos écoutes, votre milieu professionnel, et de votre famille : les parents d'adolescents ont un langage plus « jeune » que les parents de nouveaux-nés, allez savoir pourquoi.

Moi je prends le tram

Récemment, dans le tramway niçois, un jeune homme au téléphone dit deux phrases que j'enregistre : « moi j'ai fini ma journée... Moi je suis dans le tram ». « Moi je », « moi je ». Diantre ! Ce jouvenceau ne serait-il pas égocentrique ? C'est possible, mais comme toujours, je déteste sauter trop hâtivement aux conclusions; je manque d'éléments tangibles. Les deux « moi je » que je viens d'intercepter sont peut-être les seuls qu'il aura prononcé pendant sa journée. Et puis ce n'est peut-être qu'un tic de langage qu'il a fixé avec un copain du temps du lycée, et qu'il a conservé depuis. Il n'empêche que si ce jeune homme est confronté à quelqu'un qui croit dur comme fer que tout ce qu'on dit nous décrit, il va être catalogué dans une rubrique désagréable. Et pour peu que son interlocuteur croit également que la première impression est la bonne, il est mal...

Se débarrasser de ses tics de langage

Il est donc important de détecter ses tics verbaux et de s'en débarrasser. En effet, quels que soient vos habitudes de langage, n'importe quel esprit mal tourné pourra l'interpréter en votre défaveur, ce qui peut vous faire rater des opportunités en or massif. Pour vous débarrasser d'un tic, essayez d'abord de comprendre ce que vous voulez exprimer quand vous l'utilisez. Cherchez ensuite d'autres façons de décrire la même chose; la langue française étant très riche, vous trouverez toujours au moins cinq alternatives équivalentes. Finalement, entraînez-vous à remplacer le plus souvent possible votre tic par une nouvelle expression, quitte à vous reprendre au début. Au bout de trois semaines, votre tic sera dilué, votre vocabulaire sera enrichi, et vous ne serez pas « détectable ». Cela demande un peu de discipline, comme tout changement, mais les résultats sont toujours au rendez-vous. Et puis, pour vous motiver, songez à l'avenir : quand vous serez célèbre, vous n'aurez pas envie de voir votre marionnette aux guignols répéter tous les soirs la même chose...

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